Face à face avec la truite

La meilleure solution pour pêcher un contre-courant est souvent de se placer sur le coté (voir le grand classique) mais dans le coup présenté ici cela m'était impossible. J'ai donc la truite exactement en face de moi et nous sommes séparés de deux zones de courant bien distinctes.
La première zone, proche de moi, possède un courant qui s'écoule vers ma gauche avec une vitesse assez importante.
La deuxième, où se trouve le poisson, possède un faible courant qui est exactement dans le sens contraire de la première zone. C'est dans cette zone que va se poser la mouche.
Si l'on fait un lancer droit , longue distance, c'est le dragage assuré car le courant de la première zone est au moins dix fois plus important que celui de la deuxième zone.

Ce type de dragage non contrôlé a pour conséquence neuf fois sur dix, si ce n'est plus, de caler la truite.
Un coup pas aussi simple qu'il y parait d'autant que la distance qui me sépare de la truite est d'au moins six ou sept mètres.

La solution en images (si ce n'est qu'en réalité, j'ai joué le coup en revers).

BINGO!
Puis, contrôler la dérive, canne haute.
Deuxième correction: faire un lancer parachute
Pour cela avancer de manière à pouvoir poser la soie au-delà de la zone rapide
ICI!
Première correction à apporter: diminuer, voire supprimer, la longueur de soie dans la zone rapide
La truite disparaît ou se cale, le coup est terminé!
elle amène avec elle la mouche, qui drague.
... la soie subit fortement l'action du courant,
Si on fait un lancer droit, longue distance ...
Il y a deux zones bien distinctes avec des courants opposés.
Tout d'abord, il faut bien observer les différents courants.
Cliquez sur l'image
FACE A FACE avec la truite: un joli contre-courant.

 

 

 

 

La réalisation en vidéo

 
 
 
 
Sous un amas de branches
 

La technique est rigoureusement la même que celle utilisée dans le coup présenté dans l'article "Le grand classique" sauf que le contre-courant se trouve sous un amas de branches enchevêtrées en trois dimensions. Ce n'est donc pas d'une fenêtre de tir dont nous disposons mais d'une espèce de "tube de tir" tridimensionnel de quelques décimètres de diamètre à peine, dans lequel il faut "forcer" la mouche à passer. Un bas de ligne court et raide est alors indispensable pour atteindre la cible.

Il est difficile de réussir son coup au premier essai. Parfois, il faut s'y reprendre à plusieurs reprises; les hackles d'une palmer protègent l'hameçon qui ne s'accroche pas, à condition de retirer la mouche tranquillement.

Vous trouverez les caractéristiques du bas de ligne dans l'article "bas de ligne" sous la rubrique "Equipement/La veste/" quand je l'aurai mis à jour! ( La mouche est montée sur un hameçon n°8 et une pointe d'à peine plus de 50cm en 20/100).


 
 
 
 
 
Les contre-courants.

Les contre-courants sont très intéressants à pêcher, pour au moins trois raisons. En premier lieu, les truites y sont gobeuses. Ensuite, ils abritent souvent de jolies truites. Enfin, ils sont parfois très techniques à aborder, donc intéressants à jouer.
La dernière raison est sûrement une des explications de la deuxième: comme ils sont difficiles à pêcher, il y a des jolies truites! Mais, ce n'est pas la seule car le contre-courant constitue un "piège" à nourriture. En effet, si un insecte y tombe, il va tourbillonner pendant un long moment et à vitesse modérée. Ce qui permet, fort probablement, au poisson de s'assurer que ce qui flotte est bien de la nourriture et pourquoi pas, d'avoir une forme de relâchement non énergivore (cela explique peut-être l'attaque parfois très tardive du poisson dans ce poste).
On peut donc considérer que la rapport dépense/apport d'énergie de la truite est optimisé. C'est un atout pour le moucheur, car dans un courant, même si elle est en poste, la truite ne monte pas forcément sur ce qui défile à vive allure en surface; dans les contre-courants, les truites sont souvent gobeuses. Les contre-courants qui comportent de l'écume sont à privilégier (quand ce n'est pas une vilaine mousse due à la pollution!)
Bien évidemment comme le mouvement est plus lent, la dérive doit y être parfaite*. C'est l'une des difficultés du coup. Une autre difficulté réside dans le fait que lorsque l'on remonte la rivière, la truite est face à nous ou sur le coté, elle nous voit donc très bien. J'ai d'ailleurs imaginé pêcher la rivière uniquement en descendant (down-stream) pour ne jouer que les contre-courants. Un jour peut-être en vidéo!!!
* ça fait un peu vantard, je suis désolé, mais j'ai dégouté plus d'une fois mon ami Gérard qui soigne pas toujours assez sa dérive, en prenant la truite exactement à l'endroit où il venait de faire passer sa mouche!!

(dessin de la truite qui nous voit en contre courant quand il y a peu d'eau.)

Il y a beaucoup de pêcheurs à la mouche qui vantent l'une de leurs créations de "mouche-sauve-bredouille". Je n'en ai pas! En revanche, lorsque les truites sont boudeuses, je considère les remous comme des coups sauvent-bredouille. D'ailleurs, si je ne fais pratiquement pas, pour ne pas dire pas, de bredouille de l'année (de mars à octobre), je l'explique par trois raisons. La première est la connaissance des rivières, il y a des rivières pour chaque période. La deuxième est la durée de la sortie. En effet, lors une session de quatre à cinq heures, les truites s'activent presque toujours au moins quelques minutes,et enfin la troisième est le soin particulier que je mets à pêcher les contre-courants quand les truites ne sont pas de sorties. Dans ce cas, je ne pêche pratiquement plus les courants principaux et je prends soin de bien pêcher chaque remous, je peux même y faire deux ou trois passages alors que je n'en fais souvent qu'un seul dans les courants (je ne dis pas qu'il ne faut jamais le faire!).

   
   
   
 
   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le grand classique.
 

Le coup présenté dans cette vidéo est un grand classique du genre. Il est facile à pêcher à condition de se placer sur le côté. L'erreur serait de le pêcher depuis l'aval car même s'il y a moyen de limiter le dragage à l'aide d'un lancer parachute par exemple, le dérive ne sera pas parfaite, la précision (très importante dans ce cas) moins bonne, le temps pendant lequel la mouche reste "pêchante" est très court et le ferrage moins efficace.
Le temps pendant lequel la mouche reste "pêchante" est très important. Dans ce genre de poste la truite ne gobe pas toujours immédiatement. Ici, elle met cinq secondes à monter mais ce peut être encore plus long.
Je ne vais pas décrire l'approche car elle se voit clairement sur la vidéo (pas très discrète d'ailleurs à cause d'un devers de galets et de l'absence de mon bâton qui sert de pied à mon appareil photo). Plusieurs points importants sont à noter. Il y a très peu de soie sortie environ 1m à 1,50m maximum, le bras est tendu. Ainsi , il n'y a que la mouche qui est posée sur l'eau et je peux l'accompagner dans sa dérive.
Je pêche le coup en considérant que la truite est postée contre le rocher en fin de remous. je pose donc la mouche juste en amont sur le rocher, le plus près possible de celui-ci (1 à 2cm).
J'ai pris la truite au premier passage. Dans le cas contraire, il ne faut pas hésiter à faire un ou deux passages supplémentaires surtout si la mouche ne longe pas parfaitement